Le Prototype LST-1 de CTA détecte une émission à très haute énergie en direction du Pulsar du Crabe

Pour mieux comprendre notre Univers, CTA (Cherenkov Telescope Array) est en cours de construction. Observatoire de rayons gamma à haute énergie, le plus grand et le plus sensible au monde, il sera constitué de plus de 100 télescopes imageurs Air Cherenkov (IACT) de trois tailles différentes (grands (Large), moyens (Medium) et petits (Small) télescopes) situés dans l'hémisphère nord et l'hémisphère sud. CTA détectera les rayonnements à haute énergie avec une précision sans précédent et une sensibilité environ 10 fois supérieure à celle des instruments actuels de type IACT tels que HESS.

Entre janvier et février 2020, le prototype de télescope de grande taille (Large Size Telescope), le LST-1, a observé le pulsar du Crabe, l'étoile à neutrons au centre de la nébuleuse du Crabe. Le télescope, mis en service sur le site CTA-Nord sur l'île de La Palma dans les îles Canaries, effectuait des analyses techniques pour vérifier les performances du télescope et ajuster les paramètres de fonctionnement.

En France, deux équipes du CNRS jouent un rôle majeur dans cette Collaboration LST. En effet le LAPP à Annecy et le CPPM à Marseille assurent la responsabilité de la conception et la réalisation de différents sous-systèmes majeurs du télescope, de la mécanique de la structure à l’électronique des caméras, en passant par la mécatronique du système de déplacement du télescope ou les logiciels informatiques d’acquisition de données ou de contrôle des instruments. Les équipes de ces laboratoires contribuent également aux divers aspects de l'analyse des données récoltées par le télescope depuis sa mise en route. Le LST1 est d'ailleurs équipé d'une carte électronique développé par l'APC à Paris pour étiqueter en temps les événements enregistrés.

Le LST-1 a récemment passé la « Critical Design Review (CDR) » de l'Observatoire CTA (CTAO), le premier élément de CTA à passer une telle revue. Le télescope devrait devenir le premier télescope CTAO une fois la CDR clôturée et son acceptation officielle par CTAO, ce qui est attendu en 2021.

Le télescope LST1, installé sur l'île de Palma, dans les Canaries. Pendant sa phase de test de janvier à février 2020, il a pu distinguer très clairement les émissions du pulsar du Crabe. Crédit Tomohiro Inada
Le télescope LST1, installé sur l'île de Palma, dans les Canaries. Pendant sa phase de test de janvier à février 2020, il a pu distinguer très clairement les émissions du pulsar du Crabe. Crédit Tomohiro Inada

Plus d'informations :

https://in2p3.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/le-prototype-lst-1-de-cta-detecte-une-emission-tres-haute-energie-en-direction-du-pulsar

https://www.cppm.in2p3.fr/web/fr/recherche/astroparticules/#Photons

Dernière modification: 29 mars 2021 à 16:20:30

Chasse à la supersymétrie et à ses désintégrations spectaculaires au CPPM

La supersymétrie (SUSY) - qui introduit une symétrie entre constituants élémentaires de spin entier (bosons) et demi-entier (fermions) - permet à la fois de résoudre des problèmes conceptuels du Modèle Standard (MS) et d'unifier la description des interactions fondamentales entre particules élémentaires. Elle prédit des partenaires supersymétriques de toutes les particules connues du MS.

La recherche de ces nouvelles particules est un des objectifs principaux de la physique des hautes énergies. L'équipe ATLAS du CPPM tente de les découvrir dans une variante de cette théorie, où le nombre quantique R-parité n’est pas conservé. Dans cette version de SUSY, on peut observer des états finaux qui sont extrêmement rares dans le MS, où au moins 8 jets de quarks sont produits dont au moins 6 sont issus de quarks b. Pendant de longues années, l'équipe a acquis une grande expérience dans l'étude de tels états finaux, en développant une méthode originale pour écarter les bruits de fond limitant la recherche de tels états finaux. Bien que l'on n’a pas observé le signal recherché de la SUSY, cette recherche a permis d’exclure un grand domaine de masse des superpartenaires du quark top (s-top) et du boson de Higgs (higgsinos), voir la figure d'exclusion. Le résultat a été présenté fin mai au congrès international LHCP 2020.

Régions d’exclusion observées et attendues à 95% de niveau de confiance sur les masses du quark stop et du higgsino
Régions d’exclusion observées et attendues à 95% de niveau de confiance sur les masses du quark stop et du higgsino

Plus d'informations

Dernière modification: 4 juin 2020 à 14:58:04

La France livre le spectrophotomètre infrarouge NISP pour la mission spatiale européenne Euclid

Après plus de 10 ans de conception, de fabrication et de tests, le spectrophotomètre proche infrarouge NISP (Near InfraRed SpectroPhotometer) a été livré mardi 19 mai 2020 à l’ESA. Deux laboratoires provençaux sont au premier plan de la réalisation de cet instrument exceptionnel à la pointe de la technologie. Il sera installé au coeur du télescope de la mission d’astrophysique européenne Euclid. Doté de la plus grande caméra infrarouge jamais envoyée dans l’espace, NISP va fournir de précieuses informations pour la recherche de la matière noire et de l’énergie sombre. NISP est le fruit d’une coopération internationale, coordonnée par la France, incluant notamment l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, le Danemark et la Norvège, ainsi que les Etats-Unis.

Contacts :

Stéphanie Escoffier, responsable scientifique Euclid au CPPM

Magali Damoiseaux, responsable communication au CPPM

Lire le communiqué dans son intégralité

Lire les contributions du CPPM pour la mission spatiale Euclid de l'équipe Renoir, recherche de l'énergie noire

Dernière modification: 27 mai 2020 à 10:26:44

Dans les abysses de la Méditerranéee, des détecteurs captent de précieuses particules

Au fond de la Méditerranée par 2500 mètres, au large des côtes provençales, deux instruments observent l’Univers : ANTARES, en fonctionnement depuis 14 ans et KM3NeT, détecteur à neutrinos de seconde génération, conçu grâce au retour d’expérience du détecteur ANTARES. Ces instruments permettent d'étudier les phénomènes violents de l’Univers, l'origine des rayons cosmiques et la recherche indirecte de la matière noire. Avec le détecteur KM3NeT/ORCA, les scientifiques pourront aussi réaliser d'importants progrès sur les connaissances des propriétés fondamentales des neutrinos. Le CPPM est le laboratoire hôte pour les collaborations ANTARES et KM3NeT-France.

Plus d'informations

Dernière modification: 4 juin 2020 à 09:32:04

Le logiciel DIRAC rend disponible la puissance de calcul du CPPM à la recherche sur le Covid-19

Au cœur de l’Univers et de la matière, le CPPM (CNRS – AMU) est impliqué dans les très grands équipements indispensables aux recherches d’aujourd’hui, comme par exemples : l’accélérateur de particules LHC, des télescopes terrestres CTA, LSST et sous-marins ANTARES, KM3NeT ou encore l’infrastructure nationale de calcul France Grilles. L’infrastructure de calcul intensif, essentiellement Grille jusqu’à présent, – France-Grilles et Tier 2 de LCG France –, développe une modalité Cloud à destination de l’ensemble de la communauté scientifique d’AMU, grâce à un projet porté par l'AMU en collaboration avec le Centre de Calcul Intensif d’Aix-Marseille (CCIAM) mésocentre HPC d’AMU à travers un financement CPER et FEDER. Le projet consiste en une plateforme mutualisée mais distribuée (Grille et Cloud à Marseille-Luminy) et HPC (à Marseille-Saint Jérôme) pour l’accès de manière unifiée par les utilisateurs d’AMU à travers le logiciel DIRAC. Imaginé au CPPM et développé par les informaticiens du CPPM, au sein de plusieurs projets européens, ce logiciel permet de mettre à disposition de manière multimodale des ressources informatiques. Dans le cadre du projet de modélisation en biologie, HADDOCK (1), les ressources de calcul sont gérées par le service EGI, Initiative de Grille Européenne Workload Manager basé sur le logiciel DIRAC. Le portail permet désormais aux utilisateurs de marquer leurs soumissions comme étant liées à Covid-19, ce qui permet à DIRAC de diriger les « jobs » des utilisateurs vers des ressources fournissant un soutien spécifique à la recherche Covid-19. Plusieurs centres de calcul ont été connectés pour contribuer spécifiquement à ces projets de recherche. En particulier, le site de la grille Tier 2 du CPPM a été configuré pour soutenir ces activités avec une priorité élevée. Comme le montre la figure, au cours de la première semaine de fonctionnement des « jobs » Covid-19, plus de 130 000 « jobs » ont été exécutés, la contribution du CPPM s'élevant à 20000 « jobs » soit environ 18% des besoins du projet HADDOCK.

(1) HADDOCK (High Ambiguity Driven protein-protein DOCKing) est une plateforme intégrative développée à l'université d'Utrecht (Pays-Bas) pour la modélisation des complexes biomoléculaires. HADDOCK peut traiter une large gamme de problèmes de modélisation, notamment les complexes protéine-protéine, protéine-acides nucléiques, protéine-peptide et protéine-ligand (liant). Depuis 2008, HADDOCK est proposé sous la forme d'un portail web, librement accessible aux utilisateurs sans but lucratif, dans le cadre des services WeNMR (Communauté de recherche virtuelle soutenue par EGI). HADDOCK est également un service thématique sur le portail de l'European Open Science Cloud.

Contact : Magali Damoiseaux

Jobs pour la communauté en biologie grâce au logiciel DIRAC
Jobs pour la communauté en biologie grâce au logiciel DIRAC

Dernière modification: 16 avr. 2020 à 16:31:19